Au hasard...

  • 2010-03-29 379

Pays et pensées

Pourquoi ce blog ?

Recherche

Commentaires Récents

Vendredi 24 février 2012 5 24 /02 /Fév /2012 17:07

Vendredi 24 février 2012

Et ben la v’la qui rentre en zigzaguant ce soir, la bonde… Un guet apens de première : l’expat du Laos, son épouse et un ancien expat du Cambodge de passage en mission dans le coin…

C’est étrange les souvenirs, on n’en garde finalement pas ce qu’on supposait. J’ai ce blog pour me le rappeler. Cet expat que j’ai retrouvé, j’étais sûre d’en avoir parlé, d’avoir raconté ce dîner chez lui, son gamin avec la gastro qui m’avait presque dégueulé dessus avant de reprendre son discours enfiévré, sa femme belle comme le jour, sa raquette anti-moustique (euh, si, ça, j’en ai causé…), leur gentillesse précieuse, les rires partagés… Et bien, j’ai parlé de la bouffe que j’y avais mangé (si, si, je suis allée vérifier, je voulais faire un lien pour faire un pont entre les âges, rien de précis sur cette belle soirée dont le souvenir m’accompagne encore souvent comme l’un de mes plus doux souvenirs de mission…).

Alors, je m’interroge : quelle trace laissera cette mission au Laos ? Quels sont mes souvenirs d’ailleurs ?

De la Mauritanie : le soleil flamboyant sur la falaise, les grottes rupestres et ce qu’elles dissimulaient, le désert, l’odeur de la chèvre et le dégoût du mouton, le soleil sur la peau pour la douche en plein air, les ragoûts de patate.

De Saint Louis : Aminata, ses cafards et son rat… Awa et sa jumelle… Nos discussions sans fin sur le statut de la femme.

De Tana : les couchers de soleil, les orages, la pluie sanglante qui dévale les rues, la clochette de la femme de coopérant, les amoureux dans l’avion, la Vache qui rit, le carpaccio de Zébu. Luc et ses enfants, Olivier et nos prises de gueule, Daniel et ses grommellements.

De Cuzco : la Cène et « El Cuy », les vestiges Incas, mon délicieux guide, les 36 sortes de maïs et les 200 sortes de patates, la bière plutôt que la cathédrale, le sacrilège du coca dans le vieux rhum ambré.

De Bogandé : les rires à la fin des phrases, l’eau blanche, le palu, mon âne réveille matin. Et Claire, surtout Claire…

De Phnom Penh et Siem Reap : le vertige, grandeur et décadence, la solitude dans les temples, les arbres plantés dans les ruines, l’acide comme remède à l’adultère, la fête de l’Indépendance avec Frédéric. Jean-Marie, sa femme, ses gosses et l’ivresse de la rencontre qui fait du bien. Kanhchana, si farouche, si proche.

Ouaga : la bière, Claire, ses gosses, le sentiment d’être à la maison, l’ordi qui me brûle les doigts, les délestages suffocants.

Yangoon : le bonheur des filles… L’or et le pourpre, l’orange et le kaki. Le goût amer de l’échec.

Ambovombe : la tourista, les cactus, la femme fantôme qui enlève les hommes mariés, le cercueil trimbalé dans toutes la bourgade, Anjarasoa et son gros ventre.

Quelques moments partagés, quelques rencontres inoubliables, des situations cocasses, imprévues, improbables. Le plaisir du décollage. Le désir de rentrer à la maison, la peur de ne pas revenir parfois aussi. Des visages, des tonnes de visages, des rires, des sourires, du travail en pagaille, quelques photos volées, des lits trop grands, des moustiques trop gourmands, des nuits d’insomnie, des films sous-titrés en hiéroglyphes, des litres de bière…

Ce soir, je m’en souviendrai aussi… Peu importe que je me rappelle ou non de ce qu’on s’y est dit, l’essentiel est ailleurs, dans le rire, la bienveillance des regards, dans la confiance de livrer un peu de nous même, dans la joie immense des vieilles retrouvailles et le plaisir des nouvelles rencontres.

Ce qu’il me restera de ces années de voyage : les visages que j’y ai croisés, les histoires qu’ils m’ont racontées, la leur, la mienne…

Par Maman Lion - Publié dans : Laos - Communauté : Voyages
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 23 février 2012 4 23 /02 /Fév /2012 17:23

Jeudi 23 février 2012,

Salut la tribu,

Allez, faute d’avoir fait un tour dans Vientiane (en dehors de mon trajet du matin en touk-touk), j’ai décidé de prendre des photos de ma chambre d’hôtel et du patio dans lequel je prends mon petit déj le matin…

Vous y trouverez : la vue depuis mes chiottes, mes deux meilleurs amis (allez, je vous laisse chercher… et non, ce coup-ci, ce n’est pas un rouleau de PQ…), des orchidées, un arbre du voyageur, un ectoplasme, un roman (j’en suis à deux depuis mon arrivée, je n’en ai pris que trois, je suis dans la m…)… Bon, elles ne sont pas très réussies, je ne suis pas la reine de la photo nocturne, encore que mon petit Coolpix me pardonne beaucoup de choses…

Un truc rigolo à Vientiane. Certes, c’est une ancienne colonie française mais plus personne n’y parle la langue de Molière aujourd’hui (les écoles sont bilingues Lao-anglais), toutefois, les noms des rues sont tous affichés en Lao et en Français (Avenue Machin, Boulevard Truc et Impasse Bidule…). Ça m’a fait marrer ce matin…

La température augmente un peu tous les jours… J’arrive encore à ne pas allumer la clim la nuit, mais c’était limite-limite la nuit dernière… En dehors de ça, je ne vais pas vous raconter mon boulot, ça m’ennuie déjà bien assez (encore que la journée d’aujourd’hui était bien plus satisfaisante que la précédente…) pour que je vous inflige un récit d’un tel inintérêt…

Petite séance cherté de la vie :

-          Un trajet en touk-touk entre l’hôtel et le bureau : 25.000 Kip (un peu plus de 3 USD)

-          Une bière de 25 cl : 10.000 Kip (un peu plus de 1 USD)

-          Un plat de résistance : 30.000 Kip (un peu moins de 4 USD)

Au niveau bouffe, je m’amuse moins qu’au Cambodge. Faut aimer le riz avec la viande en sauce bien grasse… Heureusement, il y a les fruits tropicaux, le tofu et les omelettes…

Quant aux gens, ils sont plus qu’accueillants, je n’ai pas réussi à payer un seul repas de midi depuis mon arrivée et pour les repas du soir, c’est bien parce que je suis restée seule hier que j’y suis parvenue… C’en est presque gênant à force… La fille de ma comptable est un petit bout de nénette malicieuse et pleine de vie, culottée comme c’est pas permis… Elle m’a bien fait marrer ce soir…

Bon, je devais me remettre au taf, mais je suis lessivée. J’attends l’heure d’appeler mon homme (j’ai eu Luna longuement tout à l’heure, ça fait carrément du bien…) et je me fous au plums’…

Bonne fin de journée les z’amis...

Par Maman Lion - Publié dans : Laos - Communauté : Voyages
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 22 février 2012 3 22 /02 /Fév /2012 15:46

Mercredi 22 février 2012

Ben merde alors, voilà que je souffre du malaise de la page blanche…

En fait, je n’ai rien à raconter, j’ai perdu l’entrain, l’appétit, l’envie de découvrir… Trop bossé aujourd’hui, trop sollicitée par d’autres projets que ceux pour lesquels je suis venue à l’autre bout du monde. Ils me pourrissent l’existence, me font piétiner, me font perdre mon temps et sont capables de foutre ma mission en l’air… Une sorte de fatalisme me pèse, l’impossibilité de la tâche, l’inintérêt pour une partie importante de mon taf, le sentiment que ça ne rime à rien, qu’on s’échine à construire un château de sable dans cette putain de fonction où nous sommes pris en otage par des bailleurs de fonds omnipotents et par conséquent incapables de rendre service à ceux pour lesquels ce travail est fait. J’en ai tellement marre, il faut que ça cesse ! Ressentir le même découragement qu’au bureau alors que je suis au plus près de l’action me déprime…

J’ai décliné l’invitation à dîner de ma comptable parce que c’est trop la merde sur un autre projet… Pendant des années, ils m’ont prise de haut, ont méprisé mes capacités sous prétexte que je n’étais pas à l’aise avec leur outil, trop « con » pour comprendre, alors qu’ils faisaient du Mozart… Et maintenant qu’on découvre que c’est la merde, qui vient ramasser les morceaux, essayer de sauver les meubles ? C’est marrant comment tout d’un coup j’ai retrouvé grâce à leurs yeux méprisants et jugeants… Le pire, c’est que je n’en retire aucune fierté, aucun orgueil du « qu’est ce que j’avais dit ??? », aucun plaisir de les voir le nez dans leur merde. Ça m’écœure, c’est tout… Et le plus drôle, c’est que le fait d’arriver à sauver les meubles ne changera strictement rien, les méprisants considèreront toujours qu’on n’est pas capables de faire autre chose que de la merde en boite !

L’injustice de perdre mon temps sur ces merdes me fout en l’air. J’ai tellement mieux à faire, mais hélas, je n’ai pas le choix, ça urge, ça presse, c’est la priorité des urgences, il faudrait ne plus faire que cela… J’y ai déjà consacré des jours, mais des jours inutiles tellement la tâche est immense… Je perds mon temps et je n’en peux plus de le gaspiller !Il n’est même plus question de faire son boulot correctement, c’est un miracle qu’il faudrait pouvoir fournir, quelle truffe, j’ai laissé ma baguette magique en France, elle ne passait pas la douane !!!

Je n’ai donc rien à raconter sur le Laos, pas une photo, pas une anecdote, rien ! J’ai perdu quelques secondes ce matin à contempler un nénuphar, c’est mieux que rien… Je suis invitée à un mariage dimanche, c’est intéressant… Je croise de magnifiques pagodes, c’est beau... Je bouffe du piment et des fruits tropicaux depuis deux jours, ça fait mal au cul !

Je pense que la journée de demain sera meilleure, j’attaque la formation à proprement parler… Au moins, j’aurai l’impression de faire ce pour quoi je suis ici…

C’était la séance gron-gron-gron… Je vais me coucher !

A demain, la tribu…

Par Maman Lion - Publié dans : Laos - Communauté : le texte voyageur
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mardi 21 février 2012 2 21 /02 /Fév /2012 17:00

Mardi 21 février 2012

Salut la tribu,

 

Et voilà, vous avez devant vos yeux la prose trouble d’un poisson rouge sans sommeil (ou si peu) depuis 35 heures, alors, j’en appelle à votre bienveillance et j’espère bien tenir debout encore quelques minutes…

C’est ça qui est chiant avec les vols de nuit vers l’Asie : tu piques du nez au décollage (ben, c’est l’heure de la sieste… mais la poussée, ça réveille son homme…), tu bouffes, tu mattes un film, tu essaies de dormir (mais pas de bol, la sieste à 18heures, c’est plus dur déjà et pourtant, j’avais pris deux verres de pinard en pensant que la digestion aidant, je sombrerais, mais nakash… j’ai tout essayé, me tortiller, faire une séance de sophro, un film en VO pas sous-titré, choux blanc !!!!!)… Bon, quand enfin, aux alentours de 23h (heure française), je me suis écroulée sur ma tablette, ils ont rallumé la lumière et apporté le petit déj…

Hanoï, 6h du mat (en local, facile, c’est 6 heures de décalage horaire…), 10°, je me gèle le cxxx dans un aéroport international tout riquiqui (pour ceux qui sont passés par la Thaïlande un jour, c’est juste l’opposé absolu) à se demander comment le régime tolère les 3 temples de la consommation qui se battent en duel… micro-dodos sur des sièges à bosses (j’aurais donné un empire pour un banc en bois… because là, c'est l'heure du dodo... il est minuit passé, j'en ai plein les patounes) et pancakes au chocolat (ouais, la fringale du corps fatigué et tout mou qui ne peut pas dormir et qui n’a plus de jus…).

Je repère mes compagnons de patience… Les parents qui sont partis avec leur grand fils qui a du leur offrir le voyage pour leurs 40 ans de mariage, la mère célibataire baba cool et sa grande asperge d’ado grincheuse qui sait tout et ne tient pas en place plus de 10 secondes (putain, c’est long 3 heures…), le groupe de touristes avec leur animateur qui court partout avec 10 passeports dans les mains (j’attendais qu’il se viande, je n’ai pas eu droit à l’envolée magique des passeports… mais franchement, ça aurait été grandiose…), le mec de 200 ou 300 kg, je ne sais pas trop, et je ne sais surtout pas comment il est parvenu à passer le portillon de la douane.

Je n’ai parlé à personne à part les formules de politesse de base. Pas envie de parler, pas envie de les écouter non plus, envie de dormir sans y parvenir, envie de faire le vide…

Et puis, arrivée à midi au bureau. Elles ont un accent à couper au couteau mes deux comptables, avec mon cerveau ralenti, c’était grandiose… Bon, moins que les temples bouddhistes à tous les coins de rue (petit tour en perspective) mais une certaine maîtrise de la blonditude…

Oh, tiens, en parlant de blonditude… Je me suis vautrée dans l’aéroport hier matin à Roissy en traversant le Terminal 2 pour aller à l’enregistrement… Je suis passée sur le tapis, mais pas ma valise, et comme une nouille, je ne l’ai pas lâchée… Et bien, tapis roulant 1 – Virginie 0 !!!!

Bon, allez, je fais le pari que je nique le décalage horaire. Il est 16h45 chez vous, 22h45 ici, j’ai tenu autant que j’ai pu… Réveil 6h30, c’est parti et l’objectif c’est de le faire d’une traite…

A demain les zamis !

Par Maman Lion - Publié dans : Laos - Communauté : le texte voyageur
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Lundi 13 février 2012 1 13 /02 /Fév /2012 12:44

Salut la tribu,

 

Moi qui pensais que c'en était fini des missions, qui espérais que ç'en était fini de mon taf avec mes transports sans fin, je m'étais mis deux doigts dans l'oeil...

 

Dans une semaine, je vous entraîne encore une fois en Asie du Sud-Est, au Laos, le pays des éléphants...

 

Alors, avant de partir, autant découvrir un peu le pays et ses habitants, histoire de faire ma valise avec envie et enthousiasme... pour vous emmener une dernière fois découvrir une destination par le petit bout de ma lorgnette...

 

Je pars en pleine saison sèche (30-33°... au sortir de la neige, ça va me faire tout drôle... encore faut-il que je rentre encore dans mes robes d'été, sachant que j'en avais perdu la moitié lors de ma précédente mission, pour ceux qui s'en souviennent...). Le Laos est un pays à majorité rurale, mais je resterai à Vientiane, la capitale. Dommage, il paraît que les montagnes sont à tomber par terre...

 

J'ai hâte de découvrir les Lao... Je n'en ai entendu que du bien. Pour la blague, la "République démocratique populaire lao" (et oui, c'est un des derniers états ouvertement communiste, et ce, depuis l'année de ma naissance...) est composée de 68 ethnies... Tous ceux qui y sont allés, y sont restés, tous sont tombés amoureux de ce peuple qu'ils disent être d'une douceur infinie (l'imprégnation bouddhiste, j'ai déjà trouvé ça formidable au Cambodge... même le régime communiste s'en est accomodé... comme quoi, patience et longueur de temps font plus que force ni que rage comme disait notre fournisseur de dictons animaliers favoris...). J'ai déjà rencontré l'une des comptables lors de mon séjour à Phnom Penh et j'avais été charmée par cette petite souris sérieuse et douce... J'ai hâte de la revoir et de découvrir le reste de l'équipe...

 

Au niveau économique, le pays est l'un des plus pauvres au monde. L'agriculture y emploie plus de 75% de sa population active, les infrastructures de communication (routières, téléphoniques...) sont à mettre en place, seuls l'exploitation minière et le développement (récent) du tourisme ramènent des devises étrangères. Ah, non, j'oubliais, il y a une autre ressource... l'opium mais tout ceci reste bien évidemment bien planqué et ne bénéficie en rien aux paysans bien que le Laos soit dans le tiercé gagnant des pays producteurs... L'économie est fragile, la pression des pays émergeants avoisinants est difficile à contenir (notamment sur l'exploitation des forêts frontalières par la Thaïlande) et le développement d'une politique de déploiement de l'énergie hydroélectrique à grande échelle est le pari que les dirigeants ont fait pour faire décoller le pays en exportant l'électricité à toute la sous-région quand ces projets pharaoniques seront achevés.

 

Maintenant, histoire de ne pas tomber dans l'angélisme, il existe d'autres choses, le génocide des hmongs, un analphabétisme record, la main mise sur les médias, une main de fer sur les dissidents... Je vous en dirai peut-être plus, si cela pèse sur la vie de ceux dont je vais partager le quotidien pendant dix jours...

 

Un truc rigolo sur les dangers dans le pays... Certaines chauve-souris ont la rage... ça la foutrait mal...

 

Voilà, je vous donne rendez-vous dans une semaine : départ lundi 20 février à 13h10, arrivée à 6h40 le lendemain à Hanoï, trois heures d'attente dans l'aéroport avant le vol vers Vientiane et démarrage de la mission à 10h45... Je commencerai donc à publier mardi prochain !

 

A tout vite !

 

 

Par Maman Lion - Publié dans : Laos - Communauté : le texte voyageur
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Jeudi 25 mars 2010 4 25 /03 /Mars /2010 19:46

jeudi 25 mars 2010

Salut la tribu,

Pas grand-chose d’intéressant à vous raconter… Je travaille beaucoup, je ne lève que rarement le nez de mes chiffres, je me fais emmener en voiture au boulot, ramener à l’hôtel à midi pour manger et faire la sieste, et pareil pour l’après midi et le soir… Du coup, il ne se passe pas grand-chose pendant mes journées en dehors du manger, bosser, dormir…

Pour couronner le tout, j’ai réussi en deux jours à contracter une bronchite et une tourista (mais une belle, à mettre un zébu sur les genoux…). Je suis donc totalement en vrac, à moitié nauséeuse, crachant mes poumons dès que je parle (avec une belle voix masculine rocailleuse, d’ailleurs), flippant dès que les toilettes sont à plus de trente mètres de distance… Que du bonheur… Bon, mais je ne suis pas là pour m’apitoyer sur mon sort, d’autant moins que ce genre de soucis est plus que fréquent en mission… Petit florilèges d’idées qui me viennent comme ça sur la région Antandroy (en m’excusant d’avance de faire quelques généralités et raccourcis que ces quelques jours passés ici ne me permettent pas de dépasser) :

Les chiens sont très mal vus, ils sont chassés de partout, ils ne sont pas des animaux de compagnie. Une insulte du genre « espèce de chien » est l’insulte suprême et peut amener à verser une amende importante.

Les enfants sont à peine mieux traités, l’éducation est rude ici, les familles vivent en communautés de quartier, les enfants passent leurs journées ensemble et se font souvent chasser à coup de fouet par les adultes quand ils interrompent des palabres ou des réunions.

Le sable ici est orange, et comme il y a beaucoup de vent, la nuit, les étoiles ne sont pas blanches mais oranges… C’est joli comme tout…

Les gens adorent médire, faire courir des rumeurs, surtout s’il s’agit d’histoires d’infidélités. Et quand on demande qui dit ça, tout le monde répond : « c’est pas moi… on m’a dit… ». On raconte aussi que les Wasa (autrement dit les blancs, comme moi…) sont des trafiquants d’organes…

Le fruit du cactus est absolument délicieux, il a le goût du kiwi mûr, ce côté un peu acidulé tout en étant sucré. C’est une vraie gourmandise, mais il faut être très prudent quand on l’épluche, en digne fruit du cactus, il est hérissé de petites épines très fines qui se fichent facilement dans les doigts, voire même dans la langue (pour ceux qui ne sont pas doués en épluchage) et on ne peut s’en débarrasser qu’avec l’aide d’une tierce personne armée d’une microscopique pince à épiler.

Les gens sont très superstitieux. Le matin, avant le lever du soleil, les cloches de l’Eglise sonnent pour chasser les mauvais esprits. Il paraît que dans tel quartier, il y a une femme fantôme qui couche avec les hommes qui rentrent chez eux après le coucher du soleil. Quand on repère des voleurs de bétails, on préfère sacrifier une tête de bétail que de faire intervenir la police ou l’armée… Les fantômes existent, tout le monde en a vu…

On peut manger des petites langoustes délicieuses, j’en ai mangé hier midi chez l’expat et son épouse, c’est fameux.

Je suis lessivée et à court d’idées, je vous abandonne…

Bonne nuit

Par Maman Lion - Publié dans : Madagascar - Communauté : Voyages
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mardi 23 mars 2010 2 23 /03 /Mars /2010 15:41

lundi 22 mars 2010

Les jours se suivent et ne se ressemblent jamais… Cela est la leçon de vie de base : rien n’est permanent et croire le contraire est une grossière erreur… Bon, parfois, on aimerait bien que les choses agréables soient permanentes, c’est de bonne guerre, mais trop miser dessus ne peut mener qu’à des déconvenues… Alors, autant prendre les journées de merde pour ce qu’elles sont et se dire, qu’avec un peu de chance, ça ira mieux demain…

Bref, une journée pourrie aujourd’hui, vous l’aurez deviné… Enfin, juste pourrie au niveau du boulot, un peu frustrante quand les outils refusent de fonctionner, un peu désespérante quand une des tâches à réaliser s’avère quasi impossible, un peu dévalorisante quand il s’agit d’un problème de compréhension (bon, en général, je pige plutôt bien, malgré ma mémoire de poisson rouge, mais là, franchement, je suis noyée… je pense que le comptable de l’institution de microfinance était soit un pervers soit un psychopathe, mais pas franchement quelqu’un de simple dans sa tête…), un peu agaçante quand les informaticiens décident de changer de logiciel de messagerie alors qu’on est à l’autre bout de la planète...

En dehors de ça, les gens sont adorables, j’ai une connexion qui marche à peu près convenablement, il fait chaud mais pas trop (voire même, là, à la nuit tombée, j’aurais presque la chair de poule…), le vent souffle en rafales comme j’aime, et cette nuit, la pluie d’orage a martelé la tôle ondulée de ma petite case, c’était très agréable… J’ai eu Luna au téléphone qui fait des miracles en lecture avec sa grand-mère, je me sens plutôt sereine et tranquille. J’ai annoncé la couleur au siège que j’avais besoin d’aide et mon chef a répondu présent, ça a de quoi rassurer. 

J’ai vu avec bonheur le résultat des élections en me connectant ce matin, ça ne fait pas de mal non plus… J’essaie de ne pas trop penser au nombre de jours qu’il me reste à faire ici en me disant que vue la tâche à réaliser, je n’aurai pas souvent l’occasion de rester concentrée deux semaines durant sur un seul pays, alors, autant en profiter pour me sortir cette épine du pied pour les mois à venir…

J’espère que vous allez bien, envoyez moi des nouvelles, je bosse beaucoup mais un petit mot par ci, par là, ça fait toujours du bien, c’est comme une petite récréation rafraîchissante.

Plein de bises antandroy

Par Maman Lion - Publié dans : Madagascar - Communauté : Voyages
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 22 mars 2010 1 22 /03 /Mars /2010 06:53

Dimanche 21 mars 2010

Ce matin, j’étais à une cérémonie pour les obsèques d’un membre de la famille de l’épouse de notre expatrié. Les obsèques là bas sont tout le contraire des obsèques chez nous. D’abord, ils gardent le corps chez eux en attendant d’avoir l’argent nécessaire pour faire les obsèques, cela peut prendre des semaines, des mois parfois (oui, c’est un peu beurk…). Et, surtout, c’est l’occasion de recevoir tout le monde, comme on ferait pour un mariage chez nous, la famille au sens large, les amis, les collègues, les relations, des centaines de personnes qu’il faut nourrir et abreuver pendant une journée, souvent plus souvent, surtout pour ceux qui viennent de loin. Mon collègue a fait cadeau d’un zébu, les gens qui ont de l’argent offrent un zébu, ceux qui en ont moins offrent une chèvre, un mouton, une poule, du riz, en sachant que lorsque ce sera leur tour, tous ces gens qui sont leurs obligés leur rendront la pareille. Il y a une incroyable ambiance de fête, tout le monde mange, boit, rigole. Les gens présents étaient de toute sorte, certains dont on voit à leurs bijoux qu’ils ne manquent pas d’argent et d’autres qui n’ont sur eux que le morceau de tissu effiloché qu’ils portent. La pauvreté ici est extrême, vraiment très profonde. Il reste encore des poches d’épidémies rares comme la lèpre, la tuberculose (pas forcément là où je me trouve mais dans certaines zones reculées de Madagascar). Et cette détresse humaine reste toujours difficile à affronter.

Et, ce soir, la suite des festivités. La personne décédée était un chanteur très célèbre, auteur et compositeur des polyphonies les plus connues de Madagascar : j’ai eu du mal à comprendre s’ils l’appelaient Gabin ou Gamin (hi… hi… hi…). Par conséquent, nuit musicale avec un matos plus que rudimentaire, des branchements électriques à vous faire dresser les cheveux sur la tête (mais un peu à la mode décharge…). Une chose m’a surprise : les anciens sont respectés, presque vénérés, par contre, les enfants sont à peine mieux traités que les chiens (sauf chez ceux qui semblent avoir plus d’argent…), il faudra que j’interroge discrètement sur le pourquoi de ce comportement qui doit bien avoir une raison culturelle…

Bises chaleureuses (et venteuses)

Par Maman Lion - Publié dans : Madagascar - Communauté : Voyages
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés