Partager l'article ! Mada 2010 - J4: Dimanche 21 mars 2010 Ce matin, j’étais à une cérémonie pour les obsèques d’un membre de la famille de ...
Dimanche 21 mars 2010
Ce matin, j’étais à une cérémonie pour les obsèques d’un membre de la famille de l’épouse de notre expatrié. Les obsèques là bas sont tout le contraire des obsèques chez nous. D’abord, ils gardent le corps chez eux en attendant d’avoir l’argent nécessaire pour faire les obsèques, cela peut prendre des semaines, des mois parfois (oui, c’est un peu beurk…). Et, surtout, c’est l’occasion de recevoir tout le monde, comme on ferait pour un mariage chez nous, la famille au sens large, les amis, les collègues, les relations, des centaines de personnes qu’il faut nourrir et abreuver pendant une journée, souvent plus souvent, surtout pour ceux qui viennent de loin. Mon collègue a fait cadeau d’un zébu, les gens qui ont de l’argent offrent un zébu, ceux qui en ont moins offrent une chèvre, un mouton, une poule, du riz, en sachant que lorsque ce sera leur tour, tous ces gens qui sont leurs obligés leur rendront la pareille. Il y a une incroyable ambiance de fête, tout le monde mange, boit, rigole. Les gens présents étaient de toute sorte, certains dont on voit à leurs bijoux qu’ils ne manquent pas d’argent et d’autres qui n’ont sur eux que le morceau de tissu effiloché qu’ils portent. La pauvreté ici est extrême, vraiment très profonde. Il reste encore des poches d’épidémies rares comme la lèpre, la tuberculose (pas forcément là où je me trouve mais dans certaines zones reculées de Madagascar). Et cette détresse humaine reste toujours difficile à affronter.
Et, ce soir, la suite des festivités. La personne décédée était un chanteur très célèbre, auteur et compositeur des polyphonies les plus connues de Madagascar : j’ai eu du mal à comprendre s’ils l’appelaient Gabin ou Gamin (hi… hi… hi…). Par conséquent, nuit musicale avec un matos plus que rudimentaire, des branchements électriques à vous faire dresser les cheveux sur la tête (mais un peu à la mode décharge…). Une chose m’a surprise : les anciens sont respectés, presque vénérés, par contre, les enfants sont à peine mieux traités que les chiens (sauf chez ceux qui semblent avoir plus d’argent…), il faudra que j’interroge discrètement sur le pourquoi de ce comportement qui doit bien avoir une raison culturelle…
Bises chaleureuses (et venteuses)
Plein de bises ma belle