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Vendredi 19 mars 2010 5 19 /03 /Mars /2010 07:26

J’ai un gros coup de flemme ce soir, à la limite du syndrome de la page blanche. Quelque chose s’est fragilisé pendant ma mission au Myanmar, une forme de doute qui dérobe mon énergie et m’empêche d’avoir la même patate que les autres années, la même puissance de travail que lors des autres missions…

Et pourtant, pour le moment, les choses se profilent plutôt bien. Si j’étais en forme, je bosserais une partie de la nuit pour m’avancer, je rédigerais les notes que j’ai prises au cours de la journée pour les envoyer à mon chef demain, au lieu de quoi je vais me glisser dans les draps après une bonne douche et je vais roupiller comme un enfant…

J’ai fait un truc de bien lors de ma précédente mission à Madagascar il y a trois ans, j’ai embauché un contrôleur de gestion qui est vraiment une machine de guerre en termes de rigueur comptable, d’intégrité, de mise en place de procédures hyper carrées. Tous les projets, toutes les comptas sur lesquelles il a pris la main sont devenues extrêmement fiables, stables, faciles à traiter, à valider. Il doute encore sur quelques points de détail, mais vraiment, voir tout ce qu’il avait accompli en trois ans m’a donné l’impression que, pour une fois, j’avais fait un choix vraiment judicieux en mission (et ce, même si c’était juste l’inspiration du moment qui me l’avait soufflé…). Je n’ai pas souvent l’occasion de me féliciter d’un truc que j’aurais fait au boulot, et, franchement, ça fait tellement de bien que ça devrait arriver plus souvent…

Je n’ai pas fait grand-chose à part voyager et bosser ces deux derniers jours… Trois heures d’attente et de circuit obligatoire à l’aéroport, un peu plus de dix heures d’avion, quelques heures de sommeil, une petite dizaine d’heures de boulot, manger, l’envie de fumer (une seule hier, deux aujourd’hui… c’est dur…), une séance mémorable de tape-cul à l’arrière d’un petit trail dans des chemins défoncés (et quand je dis défoncés, je pèse mes mots…) avec un casque trop grand qui écrasait mes lunettes sur mon nez…

Madagascar n’en finit pas de s’étouffer de ses difficultés politiques : en ce moment, des émeutes secouent certains quartiers, les policiers envoient la lacrymo à la demande, des agressions ont lieu dans des endroits qui n’ont jamais été insécuritaires, la population a vu ses revenus fondre après des mois de blocages politiques, économiques, de dépression, de doutes…

Les jeunes expatriés d’ici sont comme les jeunes du 93, ils rêvent d’argent facile, de célébrité, de réussite financière fulgurante mais ils oublient vite qu’il faut bosser, que malheureusement, on court plus le risque de trimer comme des cons pendant toute notre vie pour ne jamais parvenir à s’offrir un de ces gadgets de luxe que l’on voit défiler à la télé que de se retrouver à l’abris du besoin en ne faisant rien d’autre que montrer notre cul… Ils sont mal armés pour affronter le marché du travail… Ils vivent dans de grandes maisons avec des femmes de ménage, des gardiens, des chauffeurs…

Oh, zut, je m’endors… et dire qu’il est à peine 19h à Paris… je dois vieillir…je me pieute… bonne nuit à vous…

 

 

Par Maman Lion - Publié dans : Madagascar - Communauté : Voyages
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